Archive pour la catégorie ‘Non classé’

Quand Microsoft instrumentalise l’Éducation Nationale

Mardi 28 juin 2016

Autant il est courant de reprendre des citations d’écrivains, philosophes, personnalités politiques, autant il est invraisemblable de voir des décideurs de l’Éducation Nationale utilisés comme caution morale par la société Microsoft dans un marketing ambigu en direction du monde de l’éducation faisant suite au partenariat contesté signé en novembre 2015. Même s’il semble clair que le Ministère n’ait pas été acteur de cette campagne qui l’instrumentalise, cela renforce ce que nous dénoncions à savoir sa mise sous tutelle par cette entreprise américaine qui se poursuit au détriment d’une formation à l’informatique indépendante pour nos élèves qui ne peut se faire qu’en utilisant des logiciels libres et des formats ouverts.

Pour rappel, le texte intégral de l’accord, disponible sur le site de l’Éducation Nationale, présente plusieurs axes, dont la formation des enseignants à la maîtrise des environnements Microsoft en classe, la mise à disposition d’un écosystème Cloud, d’une plateforme de formation à distance. L’apprentissage du code se fera aussi sous l’égide de l’entreprise américaine. Cet accord prévoit aussi la formation de « décideurs de haut niveau » au sein des services du Ministère ou des académies. Il est également prévu de former 2500 chefs d’établissements.

Ce partenariat ressemble fort à un traité d’occupation de l’École numérique réalisé de plus sans consultation des acteurs de l’éducation. En interne la société peut compter sur de nombreux relais, souvent des enseignants en exercice, qu’elle regroupe dans un réseau nommé : « Microsoft Innovative Educator (MIE) Expert ».

Parmi les axes de ce partenariat ne figuraient pas les aspects liés au marketing. C’est désormais chose faite via le compte Twitter de Microsoft Education France qui semble considérer qu’elle a acquis tous les droits sur l’image et les propos des ministres français.

Voici un premier message avec Catherine Becchetti Bizot, Inspectrice générale de l’éducation nationale, chargée de mission numérique et surtout ancienne directrice du numérique pour l’éducation :

Becceti Bizot

Voici un autre avec Thierry Mandon, Secrétaire d’État chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche :

Thierry Mandon

Même Mme la Ministre Najat Vallaud-Belkacem se retrouve instrumentalisée :

Najat Vallaud-Belkacem

Au-delà d’un marketing qui entretient volontiers la confusion, il est navrant de voir la direction prise par l’École dite numérique alors que nombre de personnels ont signé notre appel en faveur de l’utilisation des formats ouverts et ont dénoncé ce partenariat le tout sans réelle réponse de la part du Ministère. Il serait d’ailleurs intéressant de connaître la position des personnalités publiques concernées sur cette instrumentalisation de leurs propos.

Et Rémi Boulle, vice-président de l’April, de se poser la question : « Mme la Ministre Najat Vallaud-Belkacem serait-elle la nouvelle égérie de Microsoft ? Il s’agit d’un montage réalisé par Microsoft mais qui nous rappelle la mauvaise direction prise par l’École numérique : des logiciels privateurs et des formats fermés éloignés de toute vision politique forte qui aurait le mérite de contribuer à structurer davantage le marché du logiciel libre pour l’éducation en France ».

Plus de six mois après la signature de ce partenariat, il serait intéressant d’avoir un premier bilan : combien de « décideurs de haut-niveau » ont été formés sur les produits Microsoft ? Combien de chefs d’établissements et d’enseignants formés aux environnements numériques proposés par Microsoft ?

Source april.org

XubEcol, la réponse à XP sur les bancs de l’école

Mardi 14 juin 2016

La distribution XubEcol permet de remplacer, en milieu scolaire, les postes qui fonctionnaient sous Windows XP.

Le projet XubEcol est une distribution scolaire, pour les maternelles et primaires, qui permet aux écoles manquant de moyens d’avoir un système éducatif libre à moindre coût.

Les ordinateurs qui fonctionnaient sous Windows XP pourront donc continuer à fonctionner. Cette distribution est basée sur Xubuntu 16.04, une version LTS, qui est un système fiable, moderne et qui demande peu de ressources. De plus, elle a été personnalisée afin d’y ajouter du contenu et des ressources éducatives, elle dispose de plusieurs bureaux suivant son utilisation et de tous les outils d’administration nécessaires. Elle est paramétrable afin de pouvoir la configurer finement pour créer des sessions différentes, des filtres, ou encore installer des packs de logiciels spécifiques.

De plus, elle propose de nombreuses ressources éducatives en ligne, accessibles directement depuis le bureau et dispose de trois sessions, élève, professeur, directeur. Un outil libre vraiment utile donc pour l’éducation.

Liens :

Le site de XubEcol
La documentation en PDF
La page des téléchargements

Source toolinux.com

Ubuntu 16.04 : les premières bêtas sont disponibles

Jeudi 3 mars 2016
L'ubuntu nouveau va arriver

L'ubuntu nouveau va arriver

Ubuntu 16.04 sortira le mois prochain, mais une première bêta peut être récupérée depuis quelques jours. L’occasion pour les testeurs de se lancer à l’assaut de Xenial Xerus, en gardant à l’esprit que les bugs peuvent encore être nombreux.

Le mois prochain sortira Xenial Xerus, la version 16.04 d’Ubuntu. Une version particulièrement attendue car elle sera la nouvelle édition LTS (Long Term Support) de la distribution linux, donc supportée pendant cinq ans sur les postes clients comme sur les serveurs. Comme on a pu le voir au cours des dernières semaines, elle proposera également des ajouts notables, comme le support de ZFS (dont l’intégration fait débat pour des soucis de licence), celui de Vulkan ou encore l’arrivée d’Unity 8.

Une mise à jour générale pour toutes les variantes

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Rencontrez l’April avec le CercLL

Jeudi 18 février 2016

Venez découvrir le monde des logiciels libres avec l’April et le CercLL à Marseille. C’est à l’invitation du CercLL que Magali Ganero sera présente pour présenter le mouvement des logiciels libres.

Le CercLL est une association loi 1901 qui permet à tous de découvrir et de se former simplement à un usage responsable de l’informatique, à l’aide des logiciels libres. Elle partage les valeurs de liberté et d’accessibilité que l’on retrouve dans les GUL.

Des « install parties » sont régulièrement organisées afin d’initier le grand public à l’informatique libre.

Le groupe se réunit dans la salle d’Arsenic au 18 rue Colbert 13001 Marseille. Et ils sont membres de l’association April, forte de 4389 adhérents et qui, depuis 1996, est un acteur majeur du libre en France.

Le samedi 21 mai, à 15h, venez les rencontrer, dans la bonne humeur et l’esprit de partage, pour vous initier à l’informatique libre. L’entrée est libre et tout public.

 

Lien :

Le site du CercLL

Le site de l’April

Les ateliers du jeudi du premier trimestre 2016 et des samedis du libre

Dimanche 20 décembre 2015

 

L’association ULLM (les Utillisateurs de Logiciels Libres du Pays Martégal) en collaboration avec ECM vous présente le programme de ses ateliers du premiere trimestre 2016.

Le jeudi 14 janvier de 18h00 à 19h30

Le traitement de l’image : de l’appareil photo numérique à la vidéo

L’appareil photo numérique ou ‘APN’ :

- les capteurs, leurs sensibilités, les formats de prise de vue,

- visualisation et impression de photographie,

- les formats physiques des photographies,

- formats de sauvegarde,

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues.

Responsables de l’atelier : Marc Guelle, Alain Riffart

Entrée Libre. Tout Public.

 

Le jeudi 21 janvier de 18h00 à 19h30

Le traitement de la photo avec Gimp :( 1)

- les menus,

- l’image et le calque

- les outils et leurs effets sur l’image,

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues.

Responsables de l’atelier : Marc Guelle, Alain Riffart

Entrée Libre. Tout Public.

 

Le jeudi 28 janvier de 18h00 à 19h30

Le traitement de la photo avec Gimp :( 2)

- les calques et leur utilisation.

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

Responsables de l’atelier : Marc Guelle, Alain Riffart

Entrée Libre. Tout Public.

 

Le jeudi 4 février de 18h00 à 19h30

Le traitement de la photo avec Gimp :( 2)

– le détourage et les masque de calque.

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

Responsables de l’atelier : Marc Guelle, Alain Riffart

Entrée Libre. Tout Public.

 

 

Le jeudi 3 mars de 18h00 à 19h30

Diaporama et vidéo avec ffdiaporama :( 1)
- Présentation et utilisation.

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

Responsables de l’atelier : Marc Guelle, Alain Riffart

Entrée Libre. Tout Public.

 

Le jeudi 10 mars de 18h00 à 19h30

Diaporama et vidéo avec ffdiaporama :( 2)
- Montage d’un diaporama sonore.

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

Responsables de l’atelier : Marc Guelle, Alain Riffart

Entrée Libre. Tout Public.

 

Le jeudi 17 mars de 18h00 à 19h30

Diaporama et vidéo avec ffdiaporama :( 3)
Montage vidéo

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

Responsables de l’atelier : Marc Guelle, Alain Riffart

Entrée Libre. Tout Public.

 

L’association ULLM (les Utillisateurs de Logiciels Libres du Pays Martégal) en collaboration avec ECM vous présente le programme des samedis du libres  du premiere trimestre 2016.


Le samedi 23 janvier de 14h30 à 17h30

La Bibliobox

Il s’agit d’un dispositif nomade permettant d’accéder à des ressources numériques ne nécessitant pas de connexion internet. La Bibliobox permet d’échanger des contenus librement. En outre, ce projet est soucieux de la confidentialité des utilisateurs. Aucune donnée n’est collectée si un utilisateur se connecte.

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

 

Le samedi 27 février de 14h30 à 17h30

La machine virtuelle avec Virtualbox.

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

 

Le samedi 5 mars de 14h30 à 17h30

Virtualisation d’une machine Gnu-Linux et son utilisation

Lieu : Espace Culture et Multimédia de la médiathèque de Martigues, quai des Anglais, 13500 Martigues

Les Ateliers du Jeudi et les Samedis Libre

Lundi 14 septembre 2015

 

Les ateliers du jeudi de 18h00 à 20h00

 

Jeudi 1 octobre 2015
Découvrons l’ordinateur
• Le matériel
• Le système d’exploitation et les applications.
Le clavier
• La touche Ctrl sous Windows et Gnu/Linux
• La touche A lt sous Windows
Gnu-Linux voir Préférences → Raccourcis clavier
• La touche AltGr
Les sélections
Avec la souris :
Sélection contiguë, sélections non contiguës.
Avec le clavier :
Sélection contiguë, sélections non contiguës.

 

Jeudi 8 octobre 2015
Surfer sur internet avec le navigateur Firefox
Configuration.
La barre des Menus et les menus contractuels.
Internet et la navigation sécurisée.

 

Jeudi 15 octobre 2015
Le traitement de texte avec LibreOffice Writer.
Les menus, la barre d’outils.
Formatage et numérotation de pages ; formatage des paragraphes.

 

Jeudi 5 novembre 2015
Travailler sur un texte, sauvegarde et formats

 

Jeudi 12 novembre 2015
Les insertions d’images dans un texte, de tableaux, d’hyperlien.

 

Jeudi 19 novembre 2015
Insertion et utilisation des cadre

 

 

Jeudi 26 novembre 2015
Le tableur avec LibreOffice Calc.
Élément de l’interface
Les barres de menus, outils standard, calcul, d’état.
Formater les lignes, les colonnes, les cellules.
Remplir les cellules avec du texte ou des nombres.

 

Jeudi 3 décembre 2015
Présentation des formules
Utilisation de la fonction diagramme

 

Jeudi 10 décembre 2015
Application : Création d’un fichier Budget.

 

Les samedis du libre de 14h30 à 17h00

 

Samedi 3 octobre 2015
Présentation virtualisée des distributions Gnu/Linux :
Debian 8 – Ubuntu 14 – Linux Mint 17 – Fedore 22 – Magéia 4 – Opensuse, Handylinux.
Les interfaces (Bureaux) Gnome 3, Kde, Lxde, Mat, Unity.

 

Samedi 7 novembre 2015
Procédure d’installation d’une distribution Gnu/Linux, avec VirtualBox, et configuration.

 

Samedi 5 décembre 2015
Installation sur disque dur en simple boot (lancement) ou multi-boot (choix du

Gimp

Samedi 17 janvier 2015


L’atelier informatique de l’ULLM

Vendredi 16 janvier 2015

 

Pourquoi les associations doivent faire l’effort d’utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres

Vendredi 17 octobre 2014


Priorité au Logiciel Libre! Je soutiens l'April.


Laurent Costy, administrateur de l’April et co-animateur du goupre de travail Libre Association, a publié dans « Linux Pratique n°84 » une tribune intitulée « Pourquoi les associations doivent faire l’effort d’utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres ? ». La tribune est désormais disponible au format PDF et au format ODT et ci-dessous :

 

Pourquoi les associations doivent faire l’effort d’utiliser le plus grand nombre possible de logiciels libres ?

 

 

 

Quelques données sur les associations

 

D’une manière générale

 

Avant d’aborder la question du lien entre associations en France et logiciels libres, il est important de mesurer ce que représentent les associations en France pour mieux mesurer le potentiel de migration vers le libre qui existe et les clés pour le favoriser. Les quelques chiffres repris ci-après sont issus de « l’instantané »1 produit pour le mouvement associatif, qui est en quelque sorte la structure la plus importante en terme de représentation des associations en France. Ainsi, le nombre d’associations avoisinait2 en mars 2012, le nombre d’1,3 million. Il est estimé que cela représente 23 millions d’adhérents et 16 millions de bénévoles. Par ailleurs, fait important qu’il nous faut considérer pour cette tribune car influençant la manière d’approcher les associations pour les inciter à adopter plus massivement le logiciel libre : plus de 85 % d’entre elles n’ont pas de salariés. Pour les structures exclusivement bénévoles, l’approche individuelle ou grand public menée par de nombreux GULL3 sur les territoires ou par les associations nationales telle l’April4, est donc une action essentielle qui contribue à l’adoption de logiciels libres dans les associations. Enfin, pour terminer avec le panorama, on notera que :

 

« La multiplication très rapide des collectifs, coordinations, comités et l’explosion des réseaux sociaux qui peuvent être considérés comme des associations de fait vont très vite conduire à reconsidérer cette évaluation qui est fondée pour l’essentiel sur le nombre d’associations repérées comme telles dans les guides communaux. »5

 

Les associations d’éducation populaire, une classe d’associations particulière

 

Il existe une classe d’associations sans doute plus sensible que les autres à la migration vers les logiciels libres : les associations de jeunesse et d’éducation populaires. En effet, les valeurs que ces associations portent et défendent convergent avec celles mises en avant par les libristes. Il reste difficile de définir6 en une phrase ce qu’est l’éducation populaire7 mais les logiques de partage, la formation tout au long de la vie, l’entraide, la coopération et la capacité à rendre les citoyens acteurs, sont quelques valeurs convergentes. Le nombre de ces associations se revendiquant de l’éducation populaire serait de l’ordre de 430 000 (soit 49 % du nombre total d’associations en France) selon les chiffres communiqués par le CNAJEP8.

 

Pourquoi les associations doivent poursuivre leurs efforts de migration vers les logiciels libres ?

 

C’est une manière pour elles d’agir et de transformer, par leurs choix et leurs actions de migration, une informatique propriétaire devenue folle et imposant désormais son monopole au mépris des usagers. Que l’on soit pour ou contre les logiques de marché, l’excès est condamnable et doit être combattu : les systèmes de rentes instaurées par exemple par les licences et les antifonctionnalités qui en découlent, sont néfastes pour la libre circulation de l’information et l’émancipation du citoyen. Ceci étant, une migration, qu’elle soit partielle ou totale, demande un effort et il est systématiquement chronophage que de vouloir s’affranchir de systèmes auxquels chacun s’est habitué ! Bref, de l’énergie est nécessaire mais l’effort est aussi une valeur de l’éducation populaire !

 

Il y a donc une prise de conscience nécessaire, un réel besoin de considérer enfin la question de la préférence systématique aux logiciels libres comme une réelle question politique au sein des associations et éviter de reléguer cela sans cesse à une unique problématique technique. Oui, faire l’effort, à chaque fois que cela est possible pour une association, d’opter pour le logiciel libre doit être pensé, débattu et choisi au sein des instances des associations (conseils d’administration ou assemblées générales par exemple).

 

Pour conclure cette partie, les propos de Christophe Sarrot, repris par Nathalie Boucher-Petrovic lors des RMLL 20069 à Vandoeuvre sont éloquents et significatifs :

 

« Connaître, utiliser, promouvoir et développer des logiciels libres est un enjeu important pour l’éducation populaire aujourd’hui. Non pas tellement parce qu’ils sont, bien sûr, une réponse fiable, simple et économique à des besoins techniques, mais surtout parce que leur existence est due à des pratiques qui fondent l’éducation populaire et qui veulent permettre la transformation des personnes et des outils par un libre échange des savoirs, pour un mieux vivre ensemble. »

 

Au delà, des logiciels libres et du système d’exploitation…

 

La question du respect de la vie privée et de la protection des données concernent évidemment aussi votre association : respecter vos adhérents, c’est d’abord maîtriser la sécurité des données collectées et éviter qu’elles ne soient utilisées à d’autres usages que ceux prévus initialement. C’est d’autant plus important depuis les révélations d’Edward Snowden et la mise en évidence des écoutes généralisées par les gouvernements. Là encore, le logiciel libre est une voie pour tenter de mieux maîtriser ses données : soyons clairs, le logiciel libre ne pourra jamais garantir la sécurité absolue de vos systèmes. Ceci étant (au delà même de la problématique centrale de l’humain assis sur la chaise devant l’écran qui est souvent la cause des fuites de sécurité), de part sa nature ouverte, le logiciel libre permet, quant on le souhaite et avec les compétences ad’hoc, d’analyser si des défauts de sécurité existe.

 

Bien sûr, la question de la maîtrise technique est centrale mais est-ce à dire que chaque bénévole ou salarié d’association se doit d’être un expert informatique ? La réponse est clairement non. Sur ce point, une solution peut consister à tisser un réseau de confiance et de compétences pour pouvoir être éclairé le moment venu et faire des choix pertinents : c’est heureusement une compétence des réseaux associatifs ! En effet, les réseaux associatifs ont cette capacité à mutualiser, partager des compétences et c’est aussi un savoir faire des fédérations : il convient donc de renforcer cette compétence pour permettre une plus grande adoption des logiciels libre et une meilleure maîtrise des enjeux politique et technique de l’informatique. Un autre effort doit être fait aussi pour appréhender une culture technique minimum. La formation, en particulier celle des bénévoles, est une clé pour cela.

 

Oui, pour limiter les risques d’usages inopportuns des données concernant votre association ou ses membres, là encore, un effort va devoir être produit : il vous faudra limiter et diversifier l’usage de ces services pseudo-gratuits qui nous apparaissent plus rapides, plus faciles, plus séduisants. Il faut tenter de trouver un service alternatif plus respectueux des données personnels. Les communautés de développeurs de logiciels libres font chaque jour des efforts importants pour répondre à vos besoin associatifs et rendre toujours plus simple l’usage pour les utilisateurs ayant peu de compétences. On peut citer par exemple l’outil Framadate10 mis en place par Framasoft11 qui permet, sans que les donnée ne soient analysées à votre insu, de mettre en place de simples sondages (dates, consultations simples).

 

Encore une fois, quand tout est simplifié pour soi-disant vous faciliter la vie, le revers de la médaille est que l’on ne maîtrise plus les aspects techniques et que l’on ne distingue plus ce qui relève de la technique pure ou de dispositifs mis en place pour préserver un acquis commercial (comme le sont par exemple les DRM12). Rappelez-vous que si c’est gratuit, c’est vous le produit (profitons d’ailleurs de cette remarque pour rappeler que « libre » dans « logiciel libre » ne veut pas dire « gratuit »). Bref, faisons le pari de l’effort et défendons une éthique informatique autour du libre en cohérence avec nos valeurs associatives et celles de l’éducation populaire en particulier.

 

Et concrètement ?

 

Quand l’association décèle un nouveau besoin d’outil informatique, le réflexe doit d’abord être la recherche d’un logiciel libre répondant à ce besoin : la logithèque de logiciels libres couvrent la majeure partie des besoins des associations. Le guide des logiciels libres pour les associations13 téléchargeable sur le site libreassociation.info et produit par le groupe de travail éponyme de l’April, aborde cette question et présente des logiciels libres qui ont fait leurs preuves en milieu associatif.

 

Enfin, le changement se prépare et s’accompagne. Vouloir changer du jour au lendemain un logiciel privateur utilisé de longue date au sein de l’association est le meilleur moyen de générer un effet contre-productif et de voir les utilisateurs rejeter le logiciel libre : la formation et l’accompagnement des utilisateurs sera une clé de la réussite de migration partielle ou totale pour votre association.

 

Informations sur la tribune

 

Cette tribune a été écrite par Laurent Costy, administrateur de l’April et co-animateur du goupre de travail Libre Association (http://www.libreassociation.info). Elle a été publiée dans « Linux Pratique n°84 » de juillet/août 2014.

 

 

 

Vous êtes encouragés à utiliser, copier, diffuser et modifier ce document selon les termes d’au moins une des licences suivantes : licence Art libre (http://artlibre.org/licence/lal/) version 1.3 ou ultérieure, licence Creative Commons By Sa version 2.0 ou ultérieure (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/fr/) et licence GNU FDL3 version 1.3 ou ultérieure (http://www.gnu.org/licenses/fdl-1.3.html).

 

Notes

 

1 Archambault Edith & Tchernonog Viviane, Repères sur les associations en France, Centre d’économie de la Sorbonne, CNRS, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, mars 2012

 

2 Il s’agit bien sûr d’une approximation puisqu’il reste difficile de mesurer précisément les associations qui meurent ou qui sont « en sommeil ». Cependant, ne sont pas comptées ici les associations « de fait », les collectifs, ou les communautés sur internet

 

3 Groupe d’utilisateurs de logiciels libres

 

4 Association pour la promotion et la défense des logiciels libres : http://www.april.org/

 

5 Archambault Edith & Tchernonog Viviane, Repères sur les associations en France, Centre d’économie de la Sorbonne, CNRS, université Paris-1 Panthéon-Sorbonne, mars 2012

 

6 François Tétard, historienne de l’éducation populaire a écrit à ce sujet : « L’éducation populaire est par définition indéfinissable, mais c’est un ressenti partagé ! »

 

7 Pour en appréhender le périmètre : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89ducation_populaire

 

8 Comité pour les relations nationales et internationales des associations de jeunesse et d’éducation populaire : http://www.cnajep.asso.fr/

 

9 Communication-RMLL-2006-Education-populaire-et-logiciels-libres-NBP.pdf

 

10 http://framadate.org/

 

11 http://www.framasoft.net/

 

12 Digital right managment. Pour en savoir plus : https://www.april.org/publication-april-synthese-sur-les-drm

 

13 guide-libre-association-version-1.0.pdf

Source April

 

Le noyau Linux survivra à l’année 2038

Jeudi 9 octobre 2014

Open Source : La dernière mise à jour du noyau Linux est arrivée en début de semaine, passant le kernel de l’OS libre en version 3.17. Cette mise à jour apporte de nombreuses améliorations et corrige le bug de l’an 2038, héritier méconnu du bug de l’an 2000.

Nous n’avons pas pour habitude de faire un papier pour chaque mise à jour du kernel Linux : ce passage à la version 3.17 est la cinquième mise à jour du kernel depuis le début de l’année 2014 et celle-ci n’augure pas de changement majeur dans l’histoire de l’OS Libre. Il y a bien sur de nombreuses corrections et améliorations apportées, environ 11.000 pour être précis, mais l’un de ces correctifs en particulier mérite que l’on s’y attarde : la correction du bug de l’année 2038.

Ce problème se pose pour les systèmes qui respectent la norme POSIX d’affichage du temps aussi connu sous le nom d’heure Unix. Dans ce système, le temps est exprimé en secondes écoulées depuis le 1er janvier 1970 à minuit pile. Le principal souci de ce système, c’est que les ordinateurs 32 bits risquent de voir leur fonctionnement perturbé à compter du 19 janvier 2038 à 3h14 et 7s UTC. En effet, le chiffre stockant le décompte des secondes écoulées aura atteint son maximum possible sur les systèmes 32 bits et reviendra immédiatement à la date du 13 décembre 1901.

Doomsday clock

Différentes solutions sont possibles mais la multiplicité des systèmes reposant sur cette norme rend le déploiement de correctifs compliqués. Pour les utilisateurs de Linux en tout cas, ce ne sera plus un problème : la version 3.17 corrige ce bug, avec une petite vingtaine d’année d’avance mais mieux vaut prévenir que patcher en urgence des milliers de systèmes lors d’une froide soirée de janvier 2038.

Mis à part ce correctif mineur, mais insolite, cette nouvelle version apporte également de nouvelles prises en charges de drivers ainsi qu’une sécurité améliorée pour les utilisateurs compilant le noyau sur des machines ARM 64 bits. Le noyau continue d’ailleurs son ouverture vers l’univers ARM avec le support de nouveaux SoC. Plein d’autres correctifs et améliorations ont été déployés et d’anciens drivers aujourd’hui obsolètes ont étés retirés. Les différentes distributions devraient naturellement se mettre à jour sous peu.

Source znet